Réduire l’empreinte carbone des laboratoires grâce à l’économie circulaire : et si le réemploi faisait partie de la solution ?
Réduire l’empreinte carbone d’un laboratoire ne concerne pas uniquement sa consommation d’énergie ou ses pratiques quotidiennes. La manière dont les équipements et le mobilier sont achetés, utilisés, entretenus, renouvelés puis remis en circulation peut également contribuer à une démarche environnementale plus globale.
Dans cette logique, l’économie circulaire invite à regarder autrement le cycle de vie du matériel scientifique. Lorsqu’un équipement encore adapté à un usage peut continuer à servir plutôt que d’être remplacé ou écarté prématurément, prolonger sa durée d’utilisation permet de limiter le recours à de nouveaux équipements et aux ressources nécessaires à leur production.
Le réemploi d’équipements de laboratoire constitue ainsi un levier à considérer parmi d’autres pour réduire les impacts environnementaux liés au matériel. Mais pour être réellement pertinent, il doit rester compatible avec les exigences techniques, opérationnelles et de sécurité propres à chaque laboratoire.
Pourquoi l’économie circulaire concerne aussi les équipements de laboratoire ?
Le fonctionnement traditionnel d’un parc d’équipements peut suivre une logique relativement linéaire : acquérir un matériel neuf, l’utiliser pendant une certaine période, le remplacer puis organiser sa fin de vie.
L’économie circulaire cherche notamment à prolonger la durée d’usage des produits, à favoriser leur réemploi, leur réutilisation ou leur réparation et à limiter la consommation de nouvelles ressources lorsque cela est possible.
Cette logique est particulièrement intéressante lorsqu’elle est appliquée aux équipements et au mobilier de laboratoire. Une centrifugeuse, une étuve, un agitateur, un microscope, une paillasse ou une armoire peuvent devenir inutiles pour une structure sans avoir nécessairement perdu toute valeur d’usage.
Un changement de protocole, l’arrêt d’un projet de recherche, le renouvellement d’un parc, un déménagement ou une restructuration peuvent par exemple laisser certains équipements disponibles alors qu’ils pourraient encore répondre aux besoins d’un autre laboratoire.
Le réemploi consiste alors à chercher à préserver cette valeur d’usage en maintenant ou en remettant le matériel en circulation lorsque son état et sa destination le permettent.
Quel lien entre réemploi et réduction de l’empreinte carbone ?
La fabrication d’un équipement mobilise des matières premières, de l’énergie et différents procédés industriels. À ces étapes peuvent s’ajouter le conditionnement, le transport et, à terme, la gestion de la fin de vie.
Prolonger la durée d’utilisation d’un bien constitue donc un principe important de l’économie circulaire : plus longtemps un équipement adapté reste effectivement utilisé, plus il est possible d’éviter ou de différer la fabrication d’un équipement supplémentaire lorsque le besoin peut être satisfait par l’existant.
Cette logique ne signifie toutefois pas qu’un équipement d’occasion possède automatiquement une empreinte carbone inférieure à celle de n’importe quel équipement neuf. Le bilan réel dépend de nombreux paramètres : type de matériel, durée d’utilisation supplémentaire, transport, opérations de remise en état, consommation pendant l’usage ou encore scénario de remplacement.
Il est donc préférable de parler d’un potentiel de réduction des impacts plutôt que d’attribuer au réemploi un bénéfice carbone identique dans toutes les situations.
Éviter une partie des impacts liés à la production de matériel neuf
Lorsqu’un équipement existant répond au besoin d’un laboratoire et peut être utilisé dans des conditions satisfaisantes, son réemploi peut contribuer à réduire la demande de production supplémentaire.
C’est l’un des intérêts environnementaux majeurs de l’allongement de la durée d’usage : conserver la valeur déjà créée dans un produit au lieu de mobiliser immédiatement de nouvelles ressources pour le remplacer.
Allonger la durée d’usage du matériel scientifique
La durée de présence d'un équipement dans un laboratoire et sa durée d’usage réelle ne sont pas toujours identiques. Du matériel peut rester immobilisé pendant plusieurs mois ou plusieurs années parce qu’un projet a pris fin, qu’une équipe a changé d’activité ou qu’un appareil a été remplacé.
Identifier ces équipements et étudier leur potentiel de réemploi permet de passer d’une logique de possession à une logique davantage centrée sur l’utilisation effective des ressources.
Éviter qu’un équipement encore utile atteigne prématurément sa fin de vie
Un équipement inutilisé n’est pas nécessairement un équipement arrivé en fin de vie. Cette distinction est essentielle.
Lorsqu’un appareil possède encore une valeur d’usage, chercher une possibilité de remise en circulation avant d’envisager sa gestion comme déchet permet de conserver plus longtemps les ressources et l’énergie déjà mobilisées pour sa fabrication.
Le meilleur équipement n’est pas toujours celui qu’il faut remplacer
Réduire l’empreinte environnementale d’un parc scientifique ne consiste pas uniquement à acheter du matériel d’occasion. La première question peut parfois être plus simple : l’équipement déjà disponible doit-il réellement être remplacé ?
Lorsqu’un appareil continue à répondre aux besoins du laboratoire, son entretien, sa maintenance et, lorsque cela est techniquement et économiquement pertinent, sa réparation peuvent permettre d’en prolonger l’utilisation.
Avant un renouvellement, plusieurs questions peuvent être examinées :
- l’équipement répond-il encore aux usages prévus ?
- ses performances restent-elles compatibles avec les besoins du laboratoire ?
- peut-il être entretenu ou réparé dans des conditions satisfaisantes ?
- les pièces, accessoires ou consommables nécessaires restent-ils disponibles ?
- son remplacement apporte-t-il un bénéfice opérationnel, technique ou environnemental suffisamment important ?
Dans certains cas, conserver l’existant sera pertinent. Dans d’autres, le remplacement sera nécessaire. L’économie circulaire ne consiste pas à prolonger artificiellement la vie de tous les appareils, mais à éviter les renouvellements qui ne sont pas justifiés par le besoin réel.
Acheter du matériel de laboratoire d’occasion : un autre levier
Lorsqu’un laboratoire a réellement besoin d’un nouvel équipement, l’achat de matériel de laboratoire d’occasion peut être étudié en parallèle du neuf.
L’objectif n’est pas d’opposer systématiquement les deux solutions. Un appareil neuf peut être indispensable lorsque le besoin exige une technologie récente, une configuration précise, certaines performances, un niveau de support particulier ou des conditions que le matériel disponible en seconde main ne permet pas de satisfaire.
À l’inverse, pour certains besoins, un équipement déjà en circulation peut offrir une réponse adaptée tout en prolongeant sa durée d’usage.
Avant d’acheter un équipement scientifique d’occasion, il est notamment pertinent de vérifier :
- la référence et la configuration exacte de l'appareil ;
- son état général et son historique lorsqu’ils sont disponibles ;
- son adéquation avec l’utilisation envisagée ;
- les accessoires inclus et ceux qui devront être ajoutés ;
- la disponibilité des consommables et des pièces nécessaires ;
- les possibilités de maintenance ou de support ;
- les contraintes de transport, d’installation et de mise en service ;
- les exigences internes, techniques ou réglementaires applicables à son utilisation.
Ces vérifications sont particulièrement importantes dans un environnement scientifique où la pertinence d’un équipement dépend fortement de son usage, de sa configuration et du niveau d’exigence attendu.
Vendre les équipements inutilisés : l’autre face du réemploi
L’économie circulaire ne concerne pas seulement la manière d’acheter. Elle implique également de mieux gérer les équipements déjà présents dans les laboratoires.
Au fil des projets, un parc scientifique peut accumuler du matériel inutilisé ou sous-utilisé. Cela peut concerner des équipements remplacés, des appareils associés à un programme terminé ou encore du mobilier devenu inutile à la suite d’un réaménagement.
Une démarche de réemploi peut commencer par un inventaire permettant de distinguer :
- les équipements encore utilisés ;
- les équipements à conserver pour un besoin identifié ;
- les équipements pouvant être réaffectés en interne ;
- les équipements susceptibles d’être vendus ou remis en circulation ;
- le matériel réellement arrivé en fin de vie.
Cette approche permet d’éviter qu’un équipement fonctionnel reste immobilisé sans perspective d’utilisation alors qu’une autre structure pourrait en avoir besoin.
Le mobilier de laboratoire a lui aussi une seconde vie possible
La réflexion ne doit pas nécessairement se limiter aux instruments scientifiques. Le mobilier représente également une composante importante d’un environnement de laboratoire.
Selon son état, ses caractéristiques et son adéquation avec le futur environnement d’utilisation, certains éléments peuvent être concernés par le réemploi : paillasses, tables, rangements, armoires ou autres mobiliers techniques.
Les déménagements, rénovations et fermetures de sites sont des moments particulièrement pertinents pour réaliser un inventaire avant de décider du devenir de chaque élément.
Cette anticipation permet de distinguer ce qui doit effectivement être remplacé ou traité en fin de vie de ce qui conserve une valeur d’usage.
Réemploi et empreinte carbone : pourquoi faut-il éviter les raccourcis ?
Présenter tout équipement d’occasion comme automatiquement « bas carbone » serait trop simplificateur.
Plusieurs facteurs peuvent modifier la pertinence environnementale d’une opération de réemploi :
- la durée de vie supplémentaire réellement obtenue ;
- la distance et les conditions de transport ;
- les éventuelles opérations de remise en état ;
- la consommation énergétique de l’appareil pendant son utilisation ;
- la nécessité de remplacer certaines pièces ;
- les performances de l’équipement par rapport à une solution plus récente ;
- l’existence réelle d’un besoin auquel l’équipement réemployé vient se substituer.
Un équipement ancien particulièrement énergivore, difficile à maintenir ou inadapté à l’usage attendu ne devient pas pertinent simplement parce qu’il est disponible en seconde main.
Le bon raisonnement consiste donc à examiner l’ensemble de la situation : prolonger l’existant lorsque cela a du sens, réemployer lorsqu’une seconde utilisation est pertinente et choisir du neuf lorsque les contraintes techniques ou opérationnelles le justifient.
Comment intégrer concrètement le réemploi dans la gestion d’un laboratoire ?
Pour qu’une démarche d’économie circulaire dépasse le stade de l’intention, elle peut être intégrée directement aux décisions de gestion du parc d’équipements.
1. Mieux connaître son parc
Un inventaire actualisé permet d’identifier plus facilement le matériel utilisé, sous-utilisé ou immobilisé. Il constitue une base utile pour anticiper les renouvellements et repérer les équipements susceptibles d’être réaffectés ou valorisés.
2. Questionner le besoin avant chaque achat
Avant de commander un équipement neuf, il peut être utile de définir précisément le besoin : performances attendues, fréquence d’utilisation, contraintes techniques, durée du projet, accessoires indispensables et conditions d’installation.
Cette étape permet ensuite de comparer différentes réponses possibles : matériel déjà disponible en interne, équipement d’occasion ou achat neuf.
3. Anticiper la sortie des équipements
Attendre qu’un appareil soit stocké depuis plusieurs années peut compliquer sa remise en circulation. Lorsque son inutilisation devient durable, évaluer rapidement son état et son potentiel de réemploi peut préserver davantage sa valeur.
4. Intégrer le réemploi aux projets de déménagement ou de restructuration
Un déménagement, une rénovation ou une fermeture de laboratoire entraîne souvent des décisions portant simultanément sur de nombreux équipements et éléments de mobilier.
Préparer suffisamment tôt leur inventaire et leur orientation permet d’identifier les matériels à conserver, transférer, vendre ou remettre en circulation plutôt que de traiter l’ensemble dans l’urgence.
5. Suivre les résultats de la démarche
Une organisation qui souhaite intégrer le réemploi à sa démarche environnementale peut suivre des indicateurs adaptés à son activité : nombre d’équipements réaffectés, vendus ou achetés d’occasion, durée d’usage prolongée ou part du matériel inutilisé remise en circulation.
Pour traduire ces actions en émissions de gaz à effet de serre évitées, une méthode de calcul adaptée et des données suffisamment robustes sont toutefois nécessaires. Une simple quantité d’équipements réemployés ne permet pas, à elle seule, d’établir un bilan carbone précis.
Le réemploi scientifique : une logique environnementale, mais aussi opérationnelle
L’intérêt du réemploi ne se limite pas aux enjeux environnementaux. Selon les équipements et les situations, remettre du matériel en circulation peut également répondre à des problématiques de budget, de disponibilité ou de gestion des actifs.
Pour un acheteur, un équipement d’occasion peut constituer une option supplémentaire lorsqu’il correspond précisément au besoin. Pour un vendeur, valoriser du matériel inutilisé peut permettre d’éviter son immobilisation prolongée et de lui trouver un nouvel usage.
Cette complémentarité est au cœur du positionnement de LabSquare : favoriser le réemploi d’équipements et de mobilier de laboratoire en accompagnant leur recherche, leur achat, leur vente et leur remise en circulation.
Il ne s’agit donc pas de considérer l’occasion comme une réponse systématique, mais de créer les conditions permettant à un équipement encore pertinent de continuer à être utilisé lorsqu’un besoin correspondant existe.
Vers une gestion plus circulaire des équipements de laboratoire
Réduire l’empreinte carbone d’un laboratoire suppose d’agir sur plusieurs leviers. Le réemploi ne remplace ni les efforts de sobriété énergétique, ni l’optimisation des procédés, ni les autres actions environnementales pouvant être nécessaires selon l’activité.
Il apporte cependant une réponse à une question très concrète : pourquoi produire ou acheter systématiquement un nouvel équipement lorsqu’un matériel existant peut encore répondre au besoin ?
Entretenir plus longtemps les équipements adaptés, mieux connaître son parc, réaffecter le matériel disponible, envisager l’occasion lors d’un achat et valoriser les appareils inutilisés sont autant de pratiques qui permettent de rapprocher la gestion des équipements scientifiques des principes de l’économie circulaire.
Pour les laboratoires, entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, établissements de recherche ou industriels, l’enjeu est finalement moins d’opposer neuf et occasion que de choisir la solution la plus cohérente avec chaque besoin.
Spécialisé dans le réemploi d’équipements et de mobilier de laboratoire, LabSquare s’inscrit dans cette logique en facilitant la recherche, l’achat, la vente et la remise en circulation de matériels scientifiques qui peuvent encore avoir une utilité.